Hier réunion publique de Mot’. Dans les faits je filme plus du côté de Mot’ que de 100%, un peu la facilité.

Une centaine de personnes dont pas mal d’habitués. Ils avaient « préparé » la réunion. La salle était aménagée avec les chaises en cercle. Le fait que Salah n’ai pas une nature « charismatique » est sûrement une chance pour le groupe. Il me semble que ça donne beaucoup moins de complexe aux autres membre pour s’exprimer. Et c’est ce qui était émouvant, ce soir, c’était la multiplicité des prises de paroles, et la liberté de ton. Le mieux étant deux femmes de la commission antisexiste qui ont fait un espèce de sketch autour de la 4° candidate sur la liste, en partant du principe que ça devrait être deux femmes intérimaires, c’était marrant, politique, vraiment bien!

Pas mal de questions posées (essentiellement autour du second tour) on été repoussées. Le plus redoutable dans les réponses sans appel, c’est l’avocat E. il a une façon de clore définitivement le débat en élevant la voix. Et ça marche! Jusqu’au jour où quelqu’un reviendra à la charge et là il risque de péter les plombs.

Ce qui continue à pêcher terriblement c’est d’une part la gestion du temps, beaucoup trop d’interventions prévues dans les trois heures de réunions, et le dialogue avec « la salle ». Peut-être que les deux vont ensemble, on remplit d’interventions pour ne pas avoir à gérer la parole des autres. Il me semble que « les autres » sont venu là pour s’exprimer, exister par la prise de parole devant la salle. Et on ne leur donne pas généreusement cette opportunité. Il faudrait organiser les réunions autour de ça. Et n’intervenir que sur la base de ce que demande le public et tout le temps aller chercher cette parole là et la travailler.

Recevoir la parole, la renvoyer au groupe, en faciliter la discussion, puis la synthétiser et la retourner à l’émetteur, et vérifier avec permettre de donner son appréciation sur les réponses qu’il a reçu à sa question, c’est un peu tordu, mais il y a quelque chose comme ça à chercher… un cycle, un recyclage.

Ce qui est marrant c’est de penser comment un groupe comme Zebda qui a déjà rassemblé dans son existence plusieurs centaines de milliers de personnes (à la louche) ne peut aider en rien dans la gestion d’une réunion comme celle là. La parole « spectacle » semble inopérante pour la démocratie de proximité.

Bon c’est facile de faire du diagnostic planqué derrière la caméra, je serai dans le bain est-ce que je ferai mieux ?

A la fin de la réunion, E, au passage me demande mon avis sur la réunion. Je tente de lui expliquer, en gros, ce que je viens d’ écrire, elle me parle de ce qu’elle a vécu dans la préparation de cette réunion, du chemin parcouru, le choc entre théorie et pratique, et je me sens presque un vieux con… Elle a une rapidité de l’intelligence qui me désarçonne à chaque fois, mais il me semble que c’est là que ça pêche, chez elle… hé hé!

Côté prise de vue, je n’ai pas été terrible, quelque chose dans l’air qui faisait que je n’étais pas vraiment sur le coup. Les lumières sont toujours très faibles, donc le flou dans l’image, est toujours menaçant.

Ce soir je pense aller à la réunion du Collège d’animation pour voir quel bilan, ils font.

19/12/00

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