2001 Janvier

Je viens de me rendre compte que je répugne à filmer les objets, les affiches, les tracts, etc. Faut qu’il y ait de l’humain dans le plan, et que les objets soient pris en main par les humains, sans quoi j’ai du mal. D’autant plus, quand la dernière fois, le mec de Canal disait à son cadreur, en lui indiquant une affiche « tiens, prends ça, c’est bon ».

Lu l’article sur Depardon dans Télérama, comment lire ce genre d’article, en se gardant de vouloir « ressembler à ». Il dit plein de choses qui me touchent, mais chacun sa route, et la sienne ne ressemble en rien à la mienne.

Sur l’interrogation de soi:

« Je crois que si je n’avais pas commencé à m’interroger sur ma démarche, il y a une vingtaine d’années, soit je serais devenu fou, soit j’aurais arrêté ce métier, soit j’aurais fini par ne plus éprouver aucune émotion. On peut parler d’exhibitionnisme, d’états d’âme, de complaisance, mais je suis sincère. Me poser des questions, ça me permet de tenir ».

Qui filme?

« Pour pouvoir filmer les autres, je pense de plus en plus qu’il faut dire qui on est. Sans tricher, sans gommer son désarroi, ou même son impuissance à saisir le réel ».

Sur la fiction:

« Disons que la recherche du  juste, c’est une affaire de morale. La fiction s’immisce, qu’on le veuille ou non, dans la réalité: on la met en scène. Il y a trahison, c’est inévitable. Il faut en avoir conscience, ensuite, tenter de maîtriser cette trahison ».

Etc.

Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait ressentir encore plus cruellement, le manque de temps pour travailler ce film; Réfléchir, chercher, creuser, etc.

J’aimerais faire ça à plein temps, et ne pas courir à droite et à gauche pour gagner trois sous.

Je pense aux interviews que je ferais après avoir tout dérushé, et fait une espèce de bout à bout, (vaste programme). J’aimerais trouver un ton qui soit plus sur le mode de la réflexion en commun, de la recherche, que de l’investigation. Faudrait que j’invente une forme spécifique, où l’on soit deux à chercher, et non, moi qui fait chercher l’autre…

Demain soir Mot’!

Bon, là c’est un peu la dernière ligne droite, droite? La dernière sera après les vacances de Mardi gras. Pour moi, la dernière est encore bien loin. Tenir jusqu’au bout, aller au bout de cette aventure, j’évite de me mettre dans cette perspective. J’ai envie d’avancer pour ce que ça m’apporte chaque jour, et pas pour « y arriver ». Tant que j’apprends, j’avance.

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