Samedi Matin, Chez Mot’, réunion de préparation de l’AG du 4, qui doit préparer les décisions à prendre « live » pour le second tour. Deux heures à discuter dans une cave de resto éclairé par une ampoule blafarde. C’est H. qui pilote la réunion. Piloter, et discuter en même temps ça demande un effort surhumain de remise à distance constante, H. aura quelques faiblesses. Faut dire que le sujet est d’une épaisseur, et d’une perversité effroyable. A la fois comprendre les rouages de la machine électorale, ses conséquences  selon les différents scores qui vont  se présenter, puis en déduire des positions spécifiques à Mot’. En inventorier les avantages et les inconvénients pour chaque choix éventuels. Et pour finir, comment présenter tout ça démocratiquement à l’AG du 4. J’ai dû oublier encore quelques modules du genre «  Si on va à la négociation avec le PS à quelle conditions, et sous quelle forme ». De quoi faire une semaine de séminaire.

Piloter ce genre de réunion devient alors un boulot à plein temps.

N’empêche que ça cogite, ça bosse, avec des glissements constants. On dirait des huissiers devant faire un constat dans une pâtisserie, et ne pouvant s’empêcher constamment d’avaler un petit four par ci, d’entamer un gâteau, par là. On nomme, on explique, puis tout d’un coup on débat, et ostensiblement on défend des positions personnelles. Quand ce n’est surtout pas le lieu, le moment, le mandat.

Bon ce n’est pas clair, mais dans une dizaine d’années, j’écrirais des choses définitives sur le sujet.

Reste qu’il ne faut pas craindre le vertige pour discuter tour à tour de ce qui découlera d’un score de 6%, et d’un de 20 ou  plus, parce qu’il faut bien tout prévoir.

Pendant la discussion D. lance le concept « d’accord principiel » qui se différencie de l’accord programmatique. J’ai parfois du mal à comprendre ce qui se dit dans une réunion, quand je filme en même temps, mais là, je me rendrais compte le lendemain que je ne suis pas le seul.

Fa. arrive en cours de route et demande à ce que l’éventualité d’un maintien au second tour soit étudié avec autant de soin que les autres positions. Ca vient d’être fait pendant une heure. Tollé affectueux !

Il y a en général une forme affectueuse d’échange, de discussion. Est-ce que c’est parce que c’est un mouvement neuf, qui n’a pas encore vraiment de passif? Pourvu que ça dure, c’est un délice.

En sortant je passe  au local, où la commission communication vérifie les épreuves du journal, chacun lisant attentivement chaque article. Arrive les épreuves définitives des affiches. On ouvre les enveloppes, l’affiche antisexiste a été modifiée les images de sexes on été remplacé par des mots.  Celle de la liste, où le CA avait demandé que les 4 visages soient sexués et variés, n’a pas bougé d’un poil. Fa. s’inquiète des répercutions, Fr. balaye ses inquiétudes «  il  y avait aussi plein d’autres avis » remettant  en  cause, l’air de rien, la souveraineté jamais vraiment définie du CA. Fa. prends sur lui.

L’après-midi, le carnaval du COUAC. Avec des objectifs politiques, revendicatifs. C’est énorme, un monde fou. Des milliers de gens souriants en permanence, c’est rare, dans les rues de Toulouse.

Présence d’un char « Sound-systeme des Motivés ». Un gros camion avec une grosse sono et le groupe « Motivés » qui chante. Avant de démarrer à l’avant du camion sont collés bien en évidence deux tracts de la liste Motivé-e-s, Des gens du Couac, demanderont à ce que ce qu’ils soient enlevés.

Pendant tout le cortège des militant-e-s motivé-e-s distribueront des tracts appelant à la journée du lendemain (Village d’assos, et spectacle le soir  contre le racisme, et la venue de Le Pen). Ce qui sera étonnant c’est que des gens du cortège viendront spontanément demander des tracts pour aider à la distribution.

Le carnaval est très riche dans sa forme, et politiquement assez gentil. Derrière le char Motivés des  milliers de personnes marchent joyeux envahissant la chaussée et les trottoirs, faisant presque une manifestation dans la manifestation. Le malaise que j’avais se confirme, lorsque arrivé place du  Capitole, le groupe attaque la chanson « Motivés »  Même si tout s’est fait gentiment , plein de gens peuvent ressentir ça comme de la récup. Il va peut-être y avoir des retombées négatives à gérer.

Rien de plus pénible à filmer que ce genre de manif, quand on est dedans on ne voit que quelque têtes, pour voir l’ensemble faut être en hauteur, et alors, on domine.

Et comme par hasard quand Mouss lance au public, « Ceux qui ont des caméras vidéo, filmez-nous, on chante Motivés devant la Mairie de Toulouse, c’est exceptionnel! » je n’ai plus de batteries.

Lendemain Matin,

Installation du village associatif, qui se réduira à quelques stands, c’est l’échec (là je ne m’étais pas trompé dans mes pronostics). Installation d’une scène, avec projo, sono, gros dispositif (managé par l’immense T.) pour accueillir la comédie musicale du soir.

400/500 personnes seront là, et jusqu’au bout du spectacle, dans le froid, assises à même le sol (Alors là, par contre, je m’étais complètement planté!).

Salah me dit avec un sourire énorme, « on est comme ça, on est fou ! » Puis un peu plus tard, « tu t’imagines, si ça avait été le collectif unitaire, on aurait rempli la place ». En y repensant un peu plus tard, j’ai un doute.

Le tout, sans aucune autorisation !

Dans la journée, la suite de la réunion d’hier.

 Bon j’écourte.

Les accords principiels ne sont pas vraiment passés, D. bon joueur en sort un peu triste.

  1. n’est pas une grande gueule, mais j’ai remarqué dans d’autres commissions la qualité de ses interventions. Ca se confirme là, elle propose des méthodes de travail, des mises en formes subtiles. Mais comme elle ne donne pas dans le spectaculaire, elle est balayée par les courants dominants. Avec la complicité de certaines filles présentes, elle va pouvoir développer ses idées, et les intégrer pleinement au travail en cours.

Chapeau !

Et puis plein, plein, d’autres choses, mais là je n’ai plus le temps.

Deux choses quand même. Est ce que ceux qui sont sur la liste du PS, se posent le dixième des questions que se pose Mot’.

S’il fallait budgétiser un programme de « formation à la citoyenneté » correspondant à la formation que se sont fabriqués eux-mêmes, les participants à chaque commission, quel ministère aurait un budget suffisant pour supporter ça? La Jeunesse et les Sports ? Oh pardon!

En d’autres mots, il y a là, réellement, une création de richesse.

 

27/02/01

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