La bataille de Toulouse:

le 15 janvier 2000

Le monde associatif « militant-alternatif » entre en ébullition,  bientôt 2001, la Mairie de Toulouse est à prendre. Enfin, pas vraiment, mais ce sera peut-être l’occasion de se faire entendre, de peser sur les politiques, les espoirs les plus fous sont permis…

Le temps est donc aux préparatifs avant la bataille. Des réunions plus ou moins formelles se tiennent déjà dans la ville rose. Et la rumeur grandit: « il paraît que tel assoce s’est réunie avec plusieurs autres pour commencer à se mettre d’accord, sur une stratégi… »
(Euh… peut-être que là j’ai salement anticipé, parce que pour le moment c’est assez calme)

Mon propos est de suivre ce mouvement au plus près, pendant la période qui s’ouvre, et qui se terminera  quelques mois après les élections municipales.

Le suivi de cette aventure sera surtout le prétexte à sonder les pratiques militantes, à les confronter, et à poser la question du militantisme aujourd’hui, de ses forces (capacité ponctuelle à mobiliser, à s’organiser spontanément en de multiples structures), mais aussi de ses maladies (manque dramatique de militants actifs, incapacité, à gérer l’énergie militante, à capitaliser les expériences, à asseoir des réseaux… et surtout à analyser ses propres pratiques).

Au delà de la situation militante toulousaine, il s’agit de traiter de la question du militantisme en soit, mais pas seulement.

Les questions de la représentativité, et au-delà de la démocratie, doivent être abordées.

Quelques  points dans le désordre:

– Ca commence par quelques gens  qui se réunissent et réfléchissent ensemble. Mais savons nous encore le faire ? Dans les années 50/60 des mouvements d’éducation populaire délivraient  cet apprentissage, qu’en est-il aujourd’hui ?

– Combien de réunions qui tournent au bavardage stérile, illusoire, combien de militants démobilisés du fait même des pratiques des associations  qui appellent à cette même mobilisation ?

– Aujourd’hui,  pour être un citoyen conséquent, il faudrait pouvoir militer dans 15 associations différentes…

– Que signifie ce morcellement, cette atomisation du militantisme, chaque association gère son pré carré, qui, l’antiracisme, qui, le chômage, qui, le vélo, etc.. Chaque jour, une association naît pour mobiliser les gens sur une question fondamentale mais complètement parcellaire…

– Quand la formation au militantisme n’est plus assurée par les grands mouvements d’éducation populaire. Quand nous avons un mal fou à écrire un simple compte – rendu de réunion… à respecter un ordre du jour…

– Bien plus important que les grands chantiers présidentiels et autres grands projets, celui de la démocratie ne devrait-il pas être le premier ?

– Et puis il y a les « nouvelles technologies » qui devraient  faciliter les échanges d’infos, l’intelligence collective, et qui à la fois est une véritable OPA des marchés sur la pensée autonome… Sans compter qu’une fois de plus c’est la prime aux nantis… Les exclus n’auront jamais un vrai accès à l’Internet.

– Et le temps semble s’accélérer, et ne nous permets plus d’être présent à nous-même, alors comment être « représenté » par des élus quelconques..?

– Allons-nous laisser la démocratie à des professionnels? (ONG, Lobby) ???

Là, va falloir conclure…

Que faire de ce texte ?

15/01/00

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