D’abord dimanche le sujet de John Paul Lepers sur Canal+, chez Karl Zéro. A part Douste qui se plante dans les grandes largeurs, le sujet est du genre cliché, carte postale, etc., je n’ai toujours aucun regret d’avoir fait chier le journaliste.

Il y a eu mercredi, l’émission « là-bas si j’y suis » au Puerto. La salle pleine (300 personnes) énormément de très jeunes 18 ans à peine. Mermet se fait un casting plein à craquer, comme ça il ne manquera de rien, et tant pis pour ceux qui ne pourront pas passer. L’homme est brillant, c’est le Chancel de l’extrême gauche, après un certain temps, à l’écouter, on se dit, et alors? Je voulais lui demander ce qu’il pensait d’une démocratie où on donne sur l’unique radio nationale populaire la parole au même mec depuis des dizaines d’années.

C’est ce qui me gêne énormément dans ces personnages aussi sympas soient-ils, ils gèrent un fond de commerce, bien parisien, dont ils sont le centre.

Et là c’était vraiment Paris qui venait faire son marché en province avec la complicité de quelques braves indigènes (Tactikolectif). On exhibe quelques provinciaux, histoire de montrer qu’il y en a aussi qui seraient digne de vivre à Paris, puis on referme la boite, et on passe à autre chose.

Serge Pey était aussi invité, il a occupé le terrain, en plaçant sa marchandise.

Et là c’était triste, lorsque qu’il essaye de placer dans la conversation avec Mermet des lambeaux de ce qu’il a déclamé au Bijou, le bonhomme devient pitoyable, presque compulsif. Je craignais ça.

Quand j’en parle, à Fred Borras, (100% à Gauche) il me dit « Oui, mais ça c’est parce que tu l’avais déjà entendu », la conversation à ce sujet n’ira pas plus loin. A plusieurs reprises avec la LCR dans les discussions en face à face, je sens ce manque « d’autre chose ». Comme si eux n’avaient pas de doutes violents sur leurs orientations, leur mode de travail, leur militantisme.

 

 

Là encore, le piège se referme, tout le temps qu’il aura arraché pour lui, les autres intervenants ne l’auront pas. Entre autre Claude Sicre, qui n’a pas eu le temps de développer un point de vue décalé, disant qu’il faut développer un contre pouvoir pour faire chier ceux qui font des listes. Après l’émission j’attrape au vol une discussion entre lui et Mouss à ce sujet. Malheureusement juste derrière quelques musiciens de 100%collègues, et la bande de Serge Pey s’entraînent aux palmas. Dur dur, le son! Mais il me semble que c’est exploitable. Sicre me choppe, après, et me demande ce que je fais, je lui explique, il dit, « d’accord » et se casse. Drôle de bonhomme, il a le sourire rare.

Le soir à Utopia, présentation de deux films. Le premier au sujet du répondeur de « là-bas si j’y suis ».

Visiblement beaucoup de gens n’ont pas aimé, mais personne ne le dira vraiment, ça fait sale, à l’Utopia de dire qu’on aime pas un film, quand la gazette nous dit qu’il sont tous aimables. Drôle de démocratie! Le deuxième film « coup de soleil sur Millau » a ravi la bande à Zebda qui semble avoir coproduit le film. J’aime bien voir des films sur des sujets « militants » ça me fait gamberger sur ce que je veux faire, et ne pas faire. En fait c’est un film de mec, l’artillerie lourde, la propagande à fond, pas un poil de doute, tout comme à la télé. D. P. me dit que ce sont les mêmes images qu’on a vu à la télé, regroupées. Ce n’est pas tout à fait vrai, mais c’est en tout cas, la même forme. Le débat qui suivra ne relèvera rien de tout ça, à la fin, une voix au fond de la salle évoquera la crainte du feu de paille, en citant quelques exemples d’extinction de mouvement prometteurs. Elle se fera presque huer.

 

Samedi

Visite à la LCR lors de sa réunion « programme ». Pourquoi est-ce que j’ai oublié les cassettes?

Le temps d’aller en acheter, les deux têtes de listes ont filé  pour une manif à propos des boues de Ginestous, ce qui aurait été pas mal à faire, peut-être.

Les autres bossent sur la question du logement avec des intervenants très pointus. Ce qui est terrible c’est le dispositif, quinze personnes autour d’un carré de table de 5m de côté. Un grand trou au milieu, une chaleur humaine.

Je me prends à rêver de commission de travail, commune au deux listes. Celle-ci par exemple aurait pu se faire en commun. Ce serait aussi une autre façon de faire de la politique autrement.

A la pose de midi, ils vont voir le site de François Simon, puis vont voir celui-ci. Ca me fait bizarre. Je n’aurais pas de remarques particulières.

En discutant avec eux du sujet de JPL sur Canal au sujet de Motivé-e-s. Je sens combien ils ne font aucune analyse du mode de traitement du sujet, et comment tout est bon pour diaboliser Motivé-e-s.

Je me retrouve presque à plaider leur cause.

 

Jeudi

Commission Démocratie Participative Mot’.

18 personnes, autant d’hommes que de femmes ! Pas mal de nouveaux. Un ex-conseiller municipal, semble avoir pris le pouvoir. Aucune discussion sur la démocratie au sein de Mot’. Bizarre. Ils débattent toujours des 96 propositions, en ne pouvant toujours pas donner le texte à chaque participant. La discussion est très péniblement gérée.

Tout ce que je viens d’écrire aujourd’hui ne me semble pas d’un grand intérêt. Bon je rattrape mon retard.

Côté courrier:

 

B.B.

D’ abord je le redis, à la lecture, c’est passionnant ; mais de mon point de vue ce qu’il l’est c’est d’ abord et peut être même exclusivement, ton regard sur ce microcosme et non pas les gens eux-mêmes. Et c’est bien là le paradoxe, car sans toi tout ceci est d’une banalité affligeante et dérisoire mais la manière dont tu en parles et surtout l’espèce de tension sous-jacente que tu introduis en permanence : Recherche démocratie désespérément !…..nous tient en haleine et agace notre espoir ou nos désillusions en tout cas les miens (mais je me demande si tu en est vraiment conscient ?) La difficulté consécutive est que tu te retrouves marchant sur un fil que tu tiens aux deux extrémités ; d’où ma difficulté à te parler de tout cela car j’ai peur de te faire tomber. Ce qui est sur c’est que le ton, le rythme, l’humour, etc., de tes propos sont, à mon sens, plus important que l’objet décrit pour ce qui est de l’intérêt suscité; ce que je veux dire c’est que ton film (il me semble que tu l’as déjà admis) devrait être du même « tonneau »…reste à trouver comment?… J’aime bien l’idée (à la Godard) de la parole et du son prééminents à l’image. D’autre part je pense, encore et encore, que tu devrais sortir du débat (stérile?) fiction-réalité. Tout ce que tu décris est déjà une fiction au sens ou la plupart des gens (les importants ?!…) sont déjà tous en représentation et que leur prise sur  « La Réalité » est de l’ordre du fantasme ou de l’infantilisme (c’est toi même qui le dit!). De plus, mais c’ est là l’ objet d’un vaste débat, le cinéma est, par essence, une fiction et son intérêt n’est pas de rendre compte de la réalité mais de chercher justement à y intervenir.( Définitif, isn’t it ?….) Par ton attitude tu te mets au centre de l’ histoire qui se joue sous tes yeux (ou l’ oeil de ta caméra, au choix…) et c’est cette prétention, qu’il me semble, tu as du mal à assumer…?

Bon voila je n’ irai pas plus loin aujourd’hui,d’ abord parce que tout cela m’a fatigué et puis parce que j’ ai plein d’ autres choses à faire, bien moins intéressantes je te l’ accorde, mais incontournables pour l’ instant.

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Pour la question de la réalité, et de la fiction, c’est un vieux débat que j’ai avec B. B., et que j’ai aussi avec J-L. G.. Et je n’en comprends pas les termes. Je tente avec des outils grossiers, et un savoir faire qui ne l’est pas moins, des parcelles de réalité, pour les montrer et donner à réfléchir à ceux qui voudront bien les voir. Que cette réalité soit tronquée, déformée, sans aucun doute, mais c’en est quand même. La fiction, pour moi, c’est la mise en scène qui précède le tournage de chaque plan, ce sont des acteurs, etc.

C’est pas parce que dans les légumes on compte les carottes et les poireaux, qu’une carotte égale un poireau.

Bon, je bâcle un peu… mais le débat est ouvert.

Cette semaine Mardi, en même temps, Collège d’animation Mot’, et AG 100%. Je sais pas trop ce que je vais faire.

 

11/12/00

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