Ca fait une éternité que je n’ai pas autant échangé d’idées, de paroles, d’écrits, de sourires, d’instants d’une telle qualité, d’une telle richesse.  La sortie du désert? On se calme…

Allez deux mails pour commencer:

 07/03/01)

Comme tout-e-s le monde, je vis un malaise depuis une semaine. Hier j’ai eu envie de lâcher … (ça n’a pas duré) mais j’ai mal dormi et je me suis engueulé au boulot ce matin. Comme quoi ça nous bouffe, alors que ça devrait nous aider à respirer. La fermeture de ta liste à quelques personnes est un peu symbolique de l’impasse dans laquelle nous sommes.

On essaye de faire de la politique autrement en nageant dans le subjectif et dans l’affectif. Par exemple : quand tu cites les propos de Salah sur la confiance, l’ouverture qu’il a et qui ne lui est pas rendu, … je suis surpris. Je ne peux répondre que pour moi : l’élément déterminant qui m’a fait m’engager dans cette aventure, c’est justement la confiance que j’ai en Salah et en Tactik. Mais cette confiance qui a servi au début comme moteur ne peux plus suffire maintenant quand Motivé-e-s est un mouvement de plus de 200 personnes avec un noyau actif de plus de 50. Cette confiance ne peut plus suffire quand l’existence, le développement et le poids de Motivé-e-s est un fait politique majeur. Il faudra de la rigueur dans le fonctionnement et dans l’identité politique. Et l’impression que j’ai c’est que plus on avance, moins on construit une identité propre à Motivé-e-s et plus on reste collé à celle du Tactik. Mais peut-être que tout ça c’est le moment que l’on vit et la difficulté du choix à faire. Je comprends aussi ceux du Tactik, leur logique et la joie qu’ils auront (nous aussi) quand eux, les arabes des quartiers nord, auront fait chuter la mairie qui les a fait chier jusqu’à maintenant. Mais j’entends aussi toutes les inquiétudes de tout ceux et celles qui n’ont pas envie de se faire satelliser par la gauche plurielle. Et je dis tout ça avec la plus grande sérénité car je pense depuis le début qui si on ne se coalitionne pas, on est mort. Et ce qui m’intéresse, comme tout le monde, c’est le 3ème tour (et pas Simon), dans les meilleures conditions. J’ai l’impression qu’on veut déplacer des montagnes (raser les Pyrénéens qu’on voie l’Espagne!) qu’on a commencé à soulever un rocher et qu’on se retrouve con et qu’on a peur de se le prendre sur les pieds. Je n’ai pas compris, hier comme mardi dernier, les fixations sur la délégation et sur la caméra. Ca me paraît tellement évident qu’un mouvement naissant comme le nôtre veuille imposer des conditions de négociation différentes à des appareils politiques. A+

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  1. (08/03/01-6h08)

Jusque là tout va bien …

Sentiments plus que confus, en vrac, ça donnerait : anéanti, bouleversé, catastrophé, désemparé, étendu (pour le compte?),fatigué…

abécédaire involontaire, vaut mieux arrêter.

C’était hier soir et ça m’a fait bizarre en rentrant au Cosy et de voir tous ces visages qu’il me semblait connaître autrement. Des visages faussement du genre « surtout, tout va bien » c’était à qui masquerait le mieux. C’est quelque chose comme ça : on mets les masques, on se protège , on mets les chapeaux durs, peut être que c’est ma sensibilité du moment, un peu trop exacerbé-e, à fleur. Ils remontaient de la cave, l’air du devoir accompli.

 

Y’avait eu le C.A.. de la veille, le pire de tous, l’impression de me débattre dans un mauvais rêve où les certitudes répondaient aux évidences, atmosphère irrespirable (où étaient « les intelligences ?») la synergie de la bêtise était au rendez vous, pas la spirale ? Peut on mieux faire que la Ligue ?

Dis mécano c’est irréparable ?

il me semblait avoir trouvé une place dans ce voyage et puis la 2cv a calé a une croisée de chemins.

 

On va dire qu’ il y a deux personnes à cet endroit, un-e menteur-e et un-e qui dit la vérité , il n’y a bien entendu un seul chemin de valable, les voyageurs ne peuvent poser qu’une seule question à une seule des deux personnes, jusque là les voyageur-e-s s’en étaient bien sorti-e-s.

 

T’as la réponse, …enfin la question ?

 

Envie d’arrêter tout, de dire au revoir et merci.

C’était mes pensées hier soir en rentrant et ce sont les mêmes ce matin c’est peut être pas les bonnes questions où plutôt les bonnes réponses à des questions.

 

Ah oui, j’oubliais, derrière la 2cv on voit au loin un rouleau compresseur de la taille de …10 moissonneuses batteuses.

 

PRINCIPE DE REALITE ???  CONFIANCE???

 

Y’a des mots comme ça qui rentrent toujours pas dans mon entendement, j’ai beau faire, ça coince.

 

Ces quelques mots, juste pour te dire combien. je suis serein.

 

HASTA SIEMPRE ???

 

je suis las , las, las … SUFFIT DE RETROUVER LE là

 

a +

je pars a l’abri

(ton clic masqué ça fait un peu secret de polichinelle …)

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Deux secondes  d’ego: c’est quand même gratifiant (trop?) de se dire que les bêtises que j’écris font que d’autres se mettent au clavier, et écrivent ça.

Je sais le boulot, le temps, que ça demande, je sais aussi le bonheur (pas toujours) de l’avoir fait.

Bon, donc, hier effectivement réunion au Cosy pour discuter, non, commenter, les décisions prises aux CA concernant, les éventuelles négociations du deuxième tour, et la campagne de l’entre deux tour. Ca faisait un peu chambre d’enregistrement. A. intervient pour pointer calmement ce côté un peu bizarre de l’entorse à la démocratie qui voudrait que ce soit le CA  qui valide, et non l’AG, on lui  rappelle qu’exceptionnellement  c’est  l’AG qui a donné mandat au  CA de prendre les ultimes décisions. A cela il répond « d’accord, mais il y a danger, à ce que ça devienne une habitude ». A. fait partie de ces gens qui ne sont pas des grandes gueules. Je trouve souvent ses interventions d’une pertinence rare, de vrais petits bijoux, juste un peu décalées histoire d’avoir la place de raisonner juste( je me comprends…).

Plus de trente personnes dans une cave. A nouveau le Tactik est là, très présent.

  1. intervient pour réclamer que ceux qui étaient au CA, la bouclent, afin que ceux qui n’y étaient pas puissent s’exprimer. « Pas toujours la parole aux mêmes». Elle, c’est la grande gueule intermittente. Elle peut disparaître silencieusement dans le groupe, puis d’un coup l’ouvrir grave! (des fois, je parle « jeune…» y a pas de raison) .

Au dessus au bar O., Ho, Is, le verre à la main, font une sous -commission informelle. Vu les difficultés de filmer dans cette cave, et vu qu’il n’y a rien de vraiment nouveau pour moi, je remonte, histoire d’écouter, de discuter.

A 20h30 la réunion se termine, et la cave se répand au bar, le lieu est tout petit, les gens sont là debout, l’ultime consommation à la main, pas plus de 30 cm entre chaque personne et ça parle, ça parle. Ceux avec qui je me sens éloigné, sont là proche. Au lieu de cliquer sur un lien pour charger une autre page, il suffit de se tourner de 90° pour prendre part à une autre conversation, avec d’autres personnes bien vivantes. Salah vient de faire une radio juive… Il  dit joyeusement qu’il « nous » a fait perdre des voix, vu ce qu’il a dit sur Israël, la Palestine, etc. Il parle en même temps du bonheur d’avoir rencontré des gens avec qui malgré tout, on est bien ensemble, parce que ce sont  aussi des rebeu quelque part… Il ne le sait pas, mais il vient de faire les TP de ce qu’on vient juste de discuter avec Ho. cinq minutes auparavant. Du  bonheur, je vous dis.

Sans vouloir enlever quoique ce soit à ce que dit H. plus haut, j’ai le sentiment de l’importance de la proximité physique, dans l’échange, pour éviter la stigmatisation, qui elle, déboule à grande vitesse dans les réunions, et qui bloque tout.

Je ne me sens pas d’atomes crochus avec R. pour différentes raisons fondées sur « un pote m’a dit, il y a dix ans, lui, il est chiant » sur une moue lors d’une réunion, il y a plus d’un an, en réaction à une remarque d’une justesse inouïe que j’avais faite… Et puis il fait partie du Tactik/Zebda qui me gonfle un peu ces jours à propos de l’entre deux tours.

Le hasard fait qu’au bar, à 30cm de moi, il est là un verre à la main, attentif, souriant, on discute de ce fameux pote qui m’avait dit que. Il se rappelle bien… et les mots coulent, l’intelligence de chacun, Ho. est là qui met aussi sa part.  Et je sens en moi mes apriori à la con, fondre comme neige au soleil. Enfin pas tous, quand même, je m’en garde un peu sous le coude, pour me sentir pas trop bête tout de suite.

On va aborder la démocratie au Tactik, chez Zebda, sa reproductibilité dans un mouvement de 250 personnes, passionnant.

Auparavant avec Salah, c’est un peu pareil, il est là accoudé au bar avec 5/6 personnes autour de lui, le cercle se ressere, j’en suis presque par hasard, enfin, pas vraiment, et il évoque De Veyrinas, l’humiliation subie depuis si longtemps, les copains dans d’autres quartiers qui ont subi le même sort, et qui semblent faire front pour la première fois ensemble. Le « Battre Douste » que  je déteste, prend alors une toute autre couleur.

Après avoir entendu ça (je rejoins P. ci- dessus), j’ai envie de lui dire sur un mode presque paternaliste « T’inquiètes, on va le battre Douste, on va tout faire pour pouvoir, au deuxième tour gueuler comme des veaux – On a gagné ! On a gagné! ». Et là je ne suis plus moi-même… oups.

Comment concilier cette réalité humaine, et de terrain, avec de la recherche d’autre chose, avec la volonté d’échapper aux contingences habituelles, dominantes, qui font que la politique est ce qu’elle est?

Faudrait que dans une réunion de trois heures ça commence par travailler une heure, puis les gens prennent un  verre pendant une heure, et s’y remettent  et la dernière heure serait peut-être d’une efficacité redoutable.

Bon voilà

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