Là, c’est trop. Trop de choses qui se passent, trop de choses à raconter, trop de choses à vivre, et tout trop vite.

Allez, je commence par moi. Je rencontre des gens, qui me touchent, qui m’émeuvent profondément, voir qui me bouleversent totalement, et tout ça dans l’urgence.

Je perds parfois complètement pied. pour filmer, c’est pas terrible. En fait tout le monde attend le retour au calme, pour pouvoir faire le point, se retrouver soi, retrouver les autres.

Il me semble que l’après campagne, va être très dur, peu importe les résultats. Retrouver le quotidien banal.. aïe!

Je ne peux raconter ici que le millième de ce que je vois, je ce vis. Faudrait du temps, pour tout raconter, et du temps, à laisser passer, avant de raconter.

Dimanche Soir…

Soirée électorale…

Le score est à la louche:

Simon  28%

Douste 41.5

Mot’ 12,38

Verts6.15
100%:2.43

Fachos 4 et 2.65

 LO 1.67

Ce que je redoutais pour la soirée s’est passé.

Se bouffer 2 heures de télé grand écran, avant d’avoir les premiers résultats estimatifs sur Toulouse qui sont tombés vers 9h. La presse omniprésente qui depuis huit heures tient Salah en otage pour avoir ses premières réactions, réactions en fait sur des chiffres qui n’ont rien de définitif. A un moment dans l’assistance, on entendra des cris « libérez Salah ». La foule qui hurle dès que sur l’écran les scores pour Mot’, augmentent. Du foot, du foot…

Pendant ce temps là les Mot’ se déterminent pour la coalition à 83%, 15 contre et le reste en abstention. Les résultats sont publiés à 23h devant toutes les caméras. Ou. qui annonce les résultats menace de ne pas le faire si les journalistes ne se calment pas un peu. A l’annonce, c’est un hourra de la foule. La connerie entre en piste, et elle ne va pas en sortir de si tôt. Je pousse, mais faut bien que moi aussi je me lâche. Salah prend la parole comme un leader de parti et se fait son mini-meeting avec applaudissements, puis il lance le disque avec la chanson que ceux de Zebda ont fait pour le deuxième tour, « allez Ouste! ». Genre la « danse des canards » mais plus politique. Non, là c’est malhonnête !

A chaque « allez Ouste » la salle sous la conduite de Mous balaye l’air d’un index vengeur. Je dois être fatigué, mais déjà que lorsque je vois des centaines de personnes faire le même geste, je suis mal, là j’ai l’impression que si on enlève le doigt tendu, on n’est pas loin du salut nazi. (Faudrait que je soigne mes origines) Dans la partie instrumentale Mous prends le Micro, et continue l’ambiance meetings façon jeune. La fin du disque, puis la soirée  s’allonge dans la nuit,  avec encore des scores.

Pendant le passage du disque, je plonge dans la solitude du minoritaire, en plus, je suis au bout des batteries, j’arrête la caméra. Je regarde B. qui semble ne pas du tout prendre part à l’euphorie générale. Elle regarde tout ça avec un sourire tendre et triste à la fois. Elle est actuellement mon repère dans ce magma interculturel. A la fin je la supplie presque  « dis-moi quelques chose ». Elle me fait signe que c’est pas le moment, mais me lâche quand même deux phrases qui recadrent tout. Je ne me souviens plus des mots.

Ca aura été ma plus mauvaise « séance ». Tout d’un coup se ressentir renvoyé à la minorité  par des minoritaires, c’est ce qu’il y a de pire. Dans Mot’, ce qui me plaisait beaucoup, c’était ce rassemblement de minoritaires qui ne cherchaient pas à devenir majoritaire, mais à être ensemble, à échanger, et j’avais cette impression d’en être, et là tout d’un coup (enfin, pas vraiment si on voit les deux dernier CA), une mainmise brutale fait que une nouvelle fois, je me sens mis dehors. J’avais qu’à pas !

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