En relisant ce que je viens d’écrire, je me rends compte que je ne suis plus du tout dans « mon film », mais alors plus du tout. Il est vraiment temps de poser la caméra. J’en vois le bout. Mardi CA, jeudi AG, et puis « p’tête » l’entrée au conseil municipal, et voilà!

Je pose la caméra, et j’y vais, avec eux, j’ai vraiment envie d’en être, d’ailleurs j’y suis déjà.

Hier soirée électorale Puerto, juste avant un groupe, autour de E. et Is., travaille sur leurs futures interventions à la télé, que dire, comment le dire, ce qu’il ne faut pas oublier de dire, et si la question est conne? Et puis surtout être soi-même etc. Je filme ça avec en bruits de fond le grand écran qui dégueule les premiers commentaires sur les éventuels scores, en tenant compte que, etc. Il faut que je sois au plus près, pour capter au mieux ce qui se dit. La caméra est là, presque collée aux visages qui parlent, et je suis touché par autant de confiance.

Reste qu’on est là dans l’analphabétisme complet de la communication. J’ai l’impression de voir des mouches sachant qu’elles vont se faire prendre sur du papier tue-mouche, et qui se demandent, comment le faire bien. Naze, la métaphore, mais bon.

Ce que j’ai aimé dans cette soirée, c’est que la télé commençait à être sérieusement maîtrisée. Par alternance on balançait des images de Motivé-e-s de la tournée des quartiers avec dessus  le son de Ouste, ou de la chanson Motivés, voir 100%Collègues. Mouss fit quelques interventions. La soirée s’est ouverte par un appel de E. à soutenir une école maternelle occupée.

La subversion reprenait un peu ses droits.

Avec l’annonce des scores qui deviennent de plus en plus catastrophiques, la détente dépressive se fait jour, mais avec beaucoup de tendresse, de sourire. Avant de partir vers les médias, Salah au micro, avec un grand sourire dit qu’évidemment on est déçu. E. rajoute quelque chose. Pourquoi, j’aime tant les perdants?

Un nouveau geste apparaît, c’est « Troisième tour »  la main en l’air, les trois doigts tendus vers le ciel (ce coup-ci, je n’ai pas peur…).

Vers 10h, je file avec D. P. place du Cap croyant trouver la place totalement occupée par les supporter de Douste, que dalle!

Les télés ont leur QG sur les grands cafés de la Place, et attirent les badauds. Devant le Florida, une ou deux centaines de jeunes venus là spontanément bloquent presque l’accès à la télé, et gueulent « Motivés-Motivés »,  « troisième tour ! », « Allez Ouste! », « Libérez Toulouse !», « Douste t’es foutu, la jeunesse est dans la rue ! ».  Au début, c’est émouvant, puis la première surprise passée, ça fait assez, chahut pathétique. Forcément une impasse. Est-ce que la présence de Mot’ qui pendant ce temps fait la fête malgré tout au Puerto, aurait pu positiver la situation. N’empêche que la soirée se termine par des jets de cannettes sur Douste dont Mot’ semble se désolidariser.

Bref, on se dégage du groupe, je fais quelques plans larges, et comme par hasard je me retrouve sur le passage de Simon qui doit aller vers TF1. Je suis super bien placé à 30 cm de lui, je tourne, bêtement, je sens une autre caméra sur ma gauche qui me pousse fermement, je l’envoie chier brutalement. D. P. me guide et nous voilà parti pour un travelling arrière, sur la moitié de la place, puis le laisse sortir du champ.

Je suis assez fier du coup filé au caméraman (TLT?). Il n’y a vraiment pas de quoi, à vouloir faire dans le genre journaliste, je deviens tout de suite aussi con qu’eux.

Reste que cette place restera vide de supporter de Douste, ça aurait été Simon, la place aurait été noire de monde. Il y a deux peuples, celui des maisons de retraites, des quartiers bourgeois et un autre? J’aurais voulu filmer la gueule de « l’ennemi ». Il est invisible donc partout?

Jusqu’à la fin, cette campagne m’aura étonnée.

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