Il est des lieux criminels. Une salle basse écrasante, en L, où une moitié ne voit pas l’autre moitié, une sonorisation défaillante, un éclairage glauque, vraiment tout pour réussir une AG.

Plus d’une centaine de nouvelles têtes, le but de l’AG étant entre autres de les accueillir. L’ AG a été préparée par 3 ou 4 Mot’, J. N. va faire l’animateur pivot, faisant le lien, gérant la parole, gros boulot, qu’il fera jusqu’au bout sans jamais lâcher prise, ni s’énerver avec une légèreté de danseuse.

Très vite j’ai un malaise, dans ce qui se dit.  Les gens  renvoient des images toutes faites, demandent presque une prise en charge, semblent s’adresser à une image médiatique, celle-là même qui les a fait peut-être venir ici. Mot’ est face à ses contradictions, l’utilisation des médias, a des fois des retours de bâton, qu’il faut savoir gérer. Et là je me demande où sont les Mot’? Certains à l’écart, entre eux, au bar, boivent des coups, se font leurs petites réunions sur mesure.

Pourtant le troisième tour est là, et le boulot commence dans cette salle, tout de suite.

J’en arrive à avoir envie d’une tribune, où siègeraient les 4 élus pour symboliser une présence forte et déterminée de Mot’ dans l’accueil des nouveaux (Allez, demain, je retourne à la LCR, c’était mieux avant…).

Reste de beaux moments, celui ou face à des jeunes cons ( c’est le vieux c… qui parle, là) qui débarquent, hyper radicaux, et qui ont fait toutes les analyses super justes, et nous en font profiter. Gh. leur dit avec douceur, « Venez dans les commissions, vous verrez que c’est pas facile d’avancer à plusieurs, c’est long, douloureux, mais je dois dire que pour moi, c’est une aventure que j’ai envie de continuer, j’ai rencontré là des gens qui s’écoutent, etc ».

Beaucoup de gens qui disent, je ne votais plus, et là j’ai eu envie, mais c’était trop tard, dans 6 ans je m’y prendrais plutôt.

Mais les bons moments sont quand même noyés dans une soupe affective, narcissique à être dégoutté de la démocratie directe comme si effectivement, brutalement, certaines choses perdaient leur goût, et le goût de la démocratie, quand on l’a connu, et qu’on risque de le perdre, mauvais, très mauvais!

Il se peut que ce moment là, soit utilisé par certain, pour, plus tard, tempérer les ardeurs des partisans d’une démocratie extrême (dirons-nous). Ce serait bien triste.

A la fin, débat sur la question de savoir si les élus Mot’ doivent participer ou non à l’élection du Maire, et si oui, s’abstiennent-ils, où doivent-il voter Simon. On arrivera à un vote « consultatif », où une large majorité demande que Mot’ ne prenne pas part au vote.

Un formulaire est mis à la disposition des nouveaux arrivants pour qu’ils donnent leurs coordonnées. Ch. qui s’est tapé l’intégration des formulaires précédents dans une base de données, est un peu effaré par le fait que celui-ci n’a que peu de rapport avec le premier, et se demande qui va faire le boulot de saisie. Il est  dans la soute du bateau et bosse pour que tout ce qu’il y avait à finir le soit en règle. Il me dit « je le fais, mais tout le monde se fout de l’après. On tire sur le chauffage, mais qui va payer? ».

Il commence à y avoir trop de gens qui filment, en plus avec ces petites caméras DV qui semblent me dire, « t’as bonne mine, avec ta grosse bécane, t’as vu ce qu’on fait nous avec ces outils qui coûtent 4 fois moins cher ». J’ai beau essayer de me rassurer (le diaf, ceci, cela) ça me mets le doute, et de ce côté là, j’ai ma dose, merci.

Bon, cet après-midi, les élus rentrent au conseil municipal, et puis voilà, fin du voyage, début d’un autre.

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